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Un géant d'acier en Afrique

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Le Mozambique est confronté à des problèmes d'approvisionnement en électricité en raison d’infrastructures limitées, qui ne permettent ni de générer ni d’évacuer l'énergie indispensable à ses besoins, en particulier en ce qui concerne ses principaux moteurs économiques, tels que l'exploitation minière.

Située dans la province de Tete, la mine de Moatize, d’une capacité totale estimée à 11 millions de tonnes par an, est l'un des plus grands gisements de charbon au monde. Cependant, même en s'efforçant d’augmenter la capacité nominale à 22 millions de tonnes par an, l'alimentation électrique existante ne suffirait pas. L’exploitant minier et financeur du projet, VALE Mozambique, a conclu avec Bouygues Energies & Services un contrat en EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) dans le cadre de la construction d'une ligne de transmission de 220 kV à double circuit de 42 km.

VALE Mozambique a pour principal objectif de répondre à la demande accrue en électricité, en raison des objectifs d'augmentation de la production de charbon de la mine. L'objectif à long terme est de permettre l'évacuation de l'énergie produite à partir d'une centrale électrique au charbon, dont l’implantation sera réalisée par d'autres producteurs d'électricité indépendants à Moatize.

Conception du projet

La ligne de transmission est entièrement opérationnelle depuis la fin de l’année 2015 et le certificat définitif d'achèvement des travaux a été reçu en mai 2017. La ligne de transmission est intégrée au réseau national, exploité par l'opérateur national mozambicain, Electricidade de Moçambique (EDM). La ligne comporte 124 pylônes en treillis reliant la sous-station de Matambo (située sur la rive droite du fleuve) à la sous-station de Moatize (située sur la rive gauche), comprenant le franchissement spectaculaire du Zambèze d’une longueur de 1 556 mètres en une seule travée –le plus long d’Afrique et parmi les 20 plus longs au monde. La conception comprend également deux pylônes d’une hauteur de 156 mètres – qui se classent au deuxième rang des plus hauts pylônes en treillis d’Afrique et parmi les 25 plus hauts au monde – situés à environ 10 km au sud de la ville de Tete.

Pylône Mozambique

En raison de la largeur du fleuve et de la topographie relativement plate, la solution technique retenue consistait à réaliser un franchissement d'une seule travée, afin d’éviter l'édification de pylônes au milieu du lit du fleuve présentant un sol instable et un risque d'inondation important. En conséquence, nous avons conçu en interne les quatre pylônes pour le franchissement du fleuve et a réalisé deux types de pylônes : deux pylônes en « H », d’une hauteur de 156 mètres et d’un poids de 230 t chacun et deux pylônes en « M », d’une hauteur de 40 mètres et d’un poids de 40 t chacun. En outre, un conducteur Curlew HTLS (à haute température et à faible dilatation), composé d’un câble à cœur en fibre de carbone, a été choisi pour le franchissement, en raison de ses caractéristiques mécaniques et électriques particulières.

Challenges et réalisations

En raison de la taille et de l'emplacement de la ligne, le déroulage des cordes (précédant celui des conducteurs) en travers du fleuve s’est effectué au moyen d’un drone. Cependant, diverses difficultés techniques sont survenues, principalement en raison des températures ambiantes très élevées qui ont affecté les conditions de vol du drone. De ce fait, il a fallu recourir à une approche plus conventionnelle et utiliser une barge pour traverser le fleuve. Appliquer les normes en matière de santé et de sécurité, utilisées dans l'industrie minière, pour atteindre l’objectif de « zéro accident » durant la phase de construction a constitué un défi majeur supplémentaire. Fort heureusement, grâce à une formation adéquate et une politique de ressources humaines avisée, aucun accident n'est survenu sur le site.

compagnons

Nous nous sommes engagés à contribuer au développement local. Les entreprises locales ont ainsi pu bénéficier de la formation, du ravitaillement, du transport, de la logistique et de l'assistance médicale liés au projet. Au total, ce projet à forte intensité de main d'œuvre a permis au personnel local d'accumuler un total de 10 900 heures de formation, permettant ainsi l’achèvement du projet dans le respect des délais et du budget prévus. L'équipe du projet a étroitement collaboré avec le ministère de l'Agriculture pour répondre aux exigences environnementales particulières.

Le tracé de la ligne a été conçu de manière à contourner tous les baobabs – symbole emblématique de la région de Tete – ainsi que dans l’optique de construire des habitations sécurisées pour protéger à la fois les travailleurs du projet et les animaux sauvages de toute attaque potentielle.

Au-delà des défis techniques, le projet est considéré comme une merveilleuse expérience humaine et professionnelle, en collaboration avec un personnel multiculturel originaire d'Afrique, d'Amérique du Sud et d'Europe. Comme d'autres franchissements du fleuve Zambèze devront être réalisés (interconnexion Mozambique-Malawi), les leçons apprises tout au long du projet Moatize serviront de références essentielles pour garantir des résultats similaires, tout en faisant de la sécurité des employés une priorité absolue.

* Remarque concernant le projet : Le taux d'accès à l'électricité de la population Mozambique, qui s’élève à 28,83 millions d'habitants, est de 22 % - Banque mondiale (2016)

THERON-ORD, Ashley (2018). « A steel giant in Africa ». AFRICAN POWER ELITES, p. 64-65.

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